À
l'aube du nouveau millénaire, le plein air ne représente-t-il
pas pour plusieurs l'occasion de se ressourcer et de se réfugier
dans un oasis de paix ? Or, quand est-il lorsqu'on boucle à
peine les fins de mois ? Quand le quotidien représente
un défi constant et que les vacances, "c'est sûr,
c'est pour les autres " ?
"
C'est là qu'entre en ligne de jeu l'Étincelle.
En permettant l'accès, à un faible coût,
à cinq nuitées dans le merveilleux patelin que
représente St-Alphonse-Rodriguez. Il faut voir le sourire
des enfants et en même temps celui de leurs parents pour
bien saisir la portée d'un tel séjour ".
Pour Sylvie
B, son séjour au centre de plein air, il y a deux
ans maintenant, a représenté un véritable
répit. " À la maison, on tournait en rond.
On sentait que quelque chose n'allait pas, qu'il fallait sortir,
voir de nouvelles choses. Quand t'as trois enfants en bas de
sept ans, que tu es seule pour les élever, ce n'est pas
toujours facile. Quand on m'avait parler de l'Étincelle,
j'étais sûre que financièrement je ne pourrais
jamais y aller. Quand j'ai vu que c'était possible, j'ai
foncé. Penses-tu, une semaine à la campagne, quand
ça fait vingt ans que tu n'es pas sortie du coin ! C'est
la plus belle semaine que mes enfants et moi on a passée.
Ça fait deux ans et j'en parle encore. Les arbres, les
animateurs, tous bien fins, la bonne nourriture, le lac
un vrai petit paradis ".
Sylvie
expliquera comment le séjour lui a permis de respirer
un bon coup et d'envisager des jours meilleurs. Comment le rêve
et l'espoir sont essentiels quand les tracas sont le lot quotidien
Mme Bélinda
C, elle aussi, collectionne dans sa boîte à
souvenirs des moments mémorables. Âgée de
81 ans, une quinzaine d'années s'étaient écoulées
avant qu'elle ne respire à nouveau le grand air. "
Au chalet communautaire, tout est pensé pour qu'on se
sente bien. D'abord, c'est aménagé pour nous,
ensuite, on se retrouve tous ensemble pour participer à
des activités qui nous permettent d'oublier notre âge
et les tracas de la vie ! Savez-vous, en plus, on n'arrête
pas de se jouer des tours, comme si on était de vrais
enfants. Ça fait tellement du bien
"
Sans connaître
Mme Mélinda, Johnathan, 12 ans, est bien de son
avis : " Je n'avais jamais mis les pieds dans un lac parce
que je vais toujours à la piscine Cartier, l'été.
Ce n'est pas pareil, c'est plus le fun parce qu'il y a plein
de choses à découvrir. J'ai aussi couru partout,
le plus que je pouvais, il y avait de l'espace pour ! J'ai hâte
d'y retourner passer des vacances ".
"
Quand on est capable de se payer des vacances chaque année
et que c'est devenu une véritable routine, on ne peut
pas toujours réaliser à quel point les gens qui
n'en ont pas les moyens s'émerveillent d'un séjour
à la campagne. Après trente ans, ça fait
toujours aussi chaud au cur d'en constater la portée
" exprime Jean-Noël Latreille.
Le mot
de la fin revient à Chantale B, qui a séjourné
comme adolescente en 1972 au chalet Danis et qui est retournée
récemment avec ses deux enfants. " La première
fois que je suis sortie du quartier, c'est quand je suis allée
à l'Étincelle ! On était une quinzaine
à peu près du même âge et on a eu
un plaisir fou ! On avait organisé un bal masqué
pour l'Halloween, des marches à la pleine lune, je n'avais
jamais fait çà. En revenant, j'étais plus
tout à fait la même fille, j'avais comme grandi
en dedans
Vingt ans plus tard, je suis allée avec
mes enfants. Aujourd'hui, c'est encore plus beau et plus gros
! Les enfants ont fait plein d'activités, mon plus jeune
arrêtait plus d'aller dans la piste d'hébertisme.
Eux, non plus, ils n'oublieront pas ça ".